La présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, c’était une idée de Jean-Marie Le Pen. Depuis, c’est devenu une proposition récurrente du parti de Marine Le Pen.
C’est précisément cette proposition qui a été reprise par groupe LR et qui a obtenu le soutien du gouvernement.
Concrètement, cela veut dire que les policier·es et les gendarmes qui font usage de leurs armes n’auraient pas à s’en justifier et seraient considéré·es comme étant en situation de légitime défense a priori.
C’est un coup de massue porté à l’État de droit et une mise en danger gravissime des droits des citoyen·nes. Ce texte qui prétend protéger les policier·es et les gendarmes fait en réalité tout l’inverse. Il met tout le monde dans le même sac : celles et ceux qui ont agi conformément au cadre légal avec celles et ceux qui ne l’ont pas respecté.
La présomption de légitime défense, c’est mettre ces deux catégories d’agent·es sur un pied d’égalité et au final discréditer l’ensemble de la profession. C’est organiser l’impunité.
Le rêve du RN est exaucé : le bloc macroniste et la droite ont repris leur proposition et ont fait adopté en première lecture ce texte de la honte. Des député·es élu·es grâce au barrage républicain ont donc permis au RN d’exulter. L’extrême droite n’aura même pas eu besoin de prendre le pouvoir pour que son programme soit voté. La honte absolue.
Face à cette attaque contre nos droits et nos valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, le Nouveau Front Populaire a été uni et a fait bloc. Il faudra nous en rappeler dans les mois qui viennent : lorsque l’essentiel de ce qui fait notre République et de ce qui nous tient ensemble est en danger, ce n’est qu’uni·es qu’on peut résister.
On ne s’arrêtera pas là. Une pétition a déjà recueilli plus de 400 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Un recours au Conseil constitutionnel sera formulé contre ce coup de force qui vise notre État de droit et notre démocratie.