Sandra Regol

À Strasbourg, Dans l'Hémicycle

Loi fin de vie : pourquoi les critiques ont compté

Fin de vie
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Cette semaine, nous avons voté à l’Assemblée les lois sur les soins palliatifs et la fin de vie. J’ai voté pour les deux textes et je voulais vous expliquer pourquoi.

Si le premier fait l’unanimité, ce n’est pas le cas du second et c’est normal.

L’immense majorité des Françaises et des Français y est favorable, mais pas tout le monde et leurs inquiétudes comptent. Il existe de multiples raisons qui motivent ces avis et qu’il ne faut pas dénigrer : croyances religieuses, expériences personnelles, etc.

Certaines craignent légitimement que les plus fragiles, les plus précaires, du fait de leur situation physique, psychologique, économique, sociale, ou tout ou partie à la fois, soient poussés à recourir à ce dispositif.

Leurs voix comptent : elles ont fait évoluer le texte et nous ont fait adopter des limitations et des garde-fous qui n’étaient pas notre choix initial, ou en tous cas pas le mien. Les expériences des pays aux logiques libérales disposant de ce droit, aussi, nous ont conduit à mettre en place des garanties pour que rien ne puisse contraindre une personne à n’avoir d’autre choix que la mort.

C’est la raison pour laquelle nous avons voté pour un régime de condamnation des incitations à mourir en plus de condamnations contre les entraves à l’application de ce droit : protéger les personnes fragiles contre les intérêts d’autrui ou les pressions sociales tout en protégeant les droits de celles qui refusent de continuer à souffrir.

En France, le suicide est une réalité douloureuse. Nous devons donner des alternatives, l’envie de vivre, le choix de vivre. Nous le faisons ou tentons de le faire pour nos proches mais parfois c’est impossible et c’est toujours, toujours, terrible.

Parfois, les malades fuient à l’étranger pour accéder à l’aide à mourir, endettent leur famille pour y recourir… mais tout le monde n’a pas les moyens de le faire et c’est une inégalité qu’il fallait stopper.

L’objet de ces deux lois était d’agir pour que les personnes pour qui vivre est pire que mourir, celles pour qui rien ne peut enrayer une souffrance devenue pire que la mort, puissent avoir le choix. Mais pour avoir le choix il fallait d’abord mettre en place des soins palliatifs à la hauteur des besoins : c’est ce que vise le texte sur les soins palliatifs.

Il faut encore augmenter les moyens du système de santé pour que tout existe pour agir, avant les soins palliatifs, et en matière de psychiatrie pour prendre en charge la douleur, la détresse, et faire en sorte que les personnes concernées aient un vrai choix : vivre dans les meilleures conditions possibles et, si plus rien ne peut enrayer la douleur et la souffrance, avoir le droit de dire stop.

C’est un choix intime et personnel.

On veut toutes et tous garder nos proches avec nous, éternellement.

On connait toutes et tous, directement ou indirectement, des personnes souffrant terriblement et qui se battent pour continuer à vivre : les soins palliatifs renforcés leur donneront un quotidien plus supportable le plus longtemps possible.

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