Marie-Louise, c’est elle. En 1938, elle naît dans une famille de Voyageuses et Voyageurs : les Bony.
Elle a un an à peine lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale.

En 1941, sa famille est arrêtée par la police à Bourges. Elle n’a que 3 ans.
Elle, ses parents et ses cinq frères et sœurs sont interné·es au camp de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales. Enfermé·es parce qu’ils et elles avaient le statut de Voyageurs. Marie-Louise et sa famille y resteront jusqu’en 1943 subissant la torture et les actes de cruauté. Des crimes commis par l’État français.
Le récit de Marie-Louise, il est rare qu’on l’entende. Elle a accepté de nous livrer son témoignage à l’Assemblée nationale. Pour raconter ce qu’on ne lit pas dans les livres d’histoire. Pour dire ce qu’on n’apprend pas à l’école.
Son histoire est celle des Roms, Sintis, Gitans, Manouches, Yéniches et Voyageurs qui entre 1939 et 1946 sont pourchassé·es.
En France, avant même le début de la guerre, ils et elles sont assigné·es à résidence puis interné·es. L’Allemagne nazie ensuite, appuyée par la collaboration d’autres pays européens, commanditera leur déportation et leur extermination.
Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, 4 300 Roms interné·es dans le Zigeunerlager* d’Auschwitz-Birkenau seront gazé·es.
Ce génocide qui a tué plus de 500 000 hommes, femmes et enfants pendant la Seconde Guerre mondiale n’est toujours pas reconnu par la France.
Nous ne pouvons laisser cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale tomber dans l’oubli. En 2015, le Parlement européen adopte une résolution reconnaissant le génocide. Il est temps pour la France de faire son travail mémoriel pour être à la hauteur de l’histoire et de l’avenir.
Là est notre devoir : ne pas oublier l’histoire ou la réécrire mais la regarder en face. Nous n’oublions pas jusqu’où la haine de l’autre peut nous conduire.
Aujourd’hui, l’antitsiganisme s’exprime de manière décomplexée. Reconnaître et commémorer les drames du passé, c’est un premier pas essentiel dans le combat pour la dignité et l’égalité.